Migration

samedi 10 février 2018
Par Josuah Rey

9 février 2018

 

Dans les ténèbres sans astres de leur solitude,

Si peu vivants dans leur exil

Entre espoir et renoncement

Ils vont, un doigt tendu aux vents..

 

Ils vont, un pays après l'autre

Pieds crevassés, gelés,brisés

Du désert à l'océan,

De la noyade au corps brulé.

 

Ils vont , fantômes au regard vide

À leurs pieds les chaines invisibles

Des racines de leur pays

D'une histoire qui les meurtrit jusqu'à l'oubli.

 

Ils vont, jamais ils ne cheminent

Sous leurs pas éclatent les mines

De la peur, du désespoir, d'une errance qui n'en finit pas

L'étoile des rêves pour seul fanal.

 

Plus ils marchent, moins ils arrivent

Affamés, malades, têtus

Ils découvrent le rejet, la haine

L'insulte, s'endorment au coin des rues.

 

Vous tous, qui les voyez passer

Derrière vos murs, vos portes closes

Guettant au clin de vos persiennes

Un mauvais frisson dans les veines

 

Ne savez-vous pas que c'est vous

Aujourd'hui, demain, autre part,

Qui errez, ainsi, au hasard

Dans un monde implacable et fou ?

 

Frères humains, le même sang

La même race sans frontière

Le même rire de vos enfants

La même tombe sous la terre.

 

Qu'une seule larme de compassion

Abreuve le coeur de l'étranger

Un sourire, une main tendue

Un geste de fraternité.

 

Dans l'ultime déshumanisation

Fratras de lois dénuées de conscience

Homme tapi derrière ta science

Passeras-tu sans te retourner ?

 

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Un commentaire sur “Migration”

  1. jefdelhaye

    Très beau poème ! Tellement vrai !

    #142878

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