Le « Kotidien des Rencontres », un regard novateur des lycéens de Fauré et de Baudelaire sur les films d’Europe Centrale

dimanche 26 novembre 2017
Par ccharlet

Le comité de rédaction, un dimanche matin à la Turbine

Comme à chaque festival, des élèves de l’option cinéma des lycées Baudelaire et Gabriel Fauré se mobilisent, aidés par l’Association Plan Large, des professeurs, du personnel de la Turbine, pour réaliser le journal des rencontres.

Ainsi, pour cette édition, le « Kotidien des Rencontres » permet à ceux et celles qui n’ont pas eu l’occasion d’assister à tous les films de se faire une idée de la programmation, de rencontrer des réalisateurs, acteurs, actrices, de rendre compte des échanges avec le public…Les élèves réalisent des interviews, photos…

Trois lycéennes, en plein travail de construction de la maquette, ont accepté de répondre à mes questions [Zoé Bernard – Armonie Buchonnet – Johanna Liaudon].

Qu’est-ce qui a motivé votre investissement dans la réalisation du « Kotidien des Rencontres » ?
Nous sommes dans une classe, Option lourde Cinéma. Réaliser ce journal quotidien par des photos, des interviews ; c’est entrer dans un univers qui nous plait, exercer notre esprit critique, cela nous permet de découvrir des films que l’on n’a pas l’occasion de voir, à savoir ceux d’Europe Centrale. Nous pouvons donner un avis plus pointu. Cela nous aide à penser par nous-mêmes, car c’est nous qui exerçons ce droit, sans dépendre de l’avis de quelqu’un d’autre. Nous voyons l’envers du décor.

C’est quoi, pour vous la liberté d’expression dans le champ de la création ?
C’est vraiment important de se forger un avis objectif, de ne pas être contraint de penser comme tout le monde [Il est à remarquer que c’est un droit reconnu par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant CIDE 1989. Hélas, il est souvent ignoré].

Quelles découvertes avez-vous faites, quels problèmes vous ont touchés au travers de ces films ?
Beaucoup de ces films provoquent le débat autour d’évènements politiques qui ont secoué ces différents pays d’Europe Centrale. Dans la presse ou à l’école, on en parle peu. Par exemple la censure dans le champ de la création [cf. « Les Fleurs Bleues » du Polonais Wajda, durant la période du stalinisme)]. On est dans l’ignorance, on ne sait pas ce qui se passa réellement dans ces pays, y compris les situer sur une carte de l’Europe ! Alors on s’est mis en recherche. Il y a des moments de l’Histoire sociale, dont on ne parle pas. Pour nous, il y a comme une hypocrisie des gens haut placés, qui font bonne figure devant le public. C’est presque odieux, surtout vis-à-vis des gens isolés. Ainsi, dans le film d’ouverture : « Out » de Győrgy Krytóf, on a découvert la réalité de personnes qui se retrouvent au chômage en Slovaquie et qui doivent migrer, errer, quitter leur famille, pour devenir des travailleurs détachés…[ Le terme « Out » utilisé comme titre du film est révélateur, dans une société où les personnes les plus fragiles sont facilement éjectables…]

Aviez-vous eu connaissance auparavant de certains problèmes soulevés au cours de ce type de festivals, si oui, comment ?
Non, pas vraiment. Par exemple, il y a quelques temps, c’est lors de la projection de films maghrébins, par des films engagés, que nous découvrons la réalité. Il y avait de situations que nous ne soupçonnions même pas ! La presse n’en parle presque pas.

Que souhaitez-vous après cette expérience de rédaction collective ?
[En effet, quand on pénètre dans la salle de rédaction, on ne peut être que frappés par l’esprit de coopération, l’écoute de l’Autre].
Il nous paraît important d’être mieux et plus informés au niveau des médias, des réseaux sociaux et professionnels. Notre expérience de rédaction nous pousse à réfléchir, à aller plus loin, de créer des échanges entre élèves, spectateurs, réalisateurs, acteurs, actrices et même avec l’humoriste Pavol Serĩs, lors de son spectacle au Rabelais, à Meythet. Nous mesurons la chance que nous avons de connaître des œuvres, des cultures des pays de l’Europe Centrale et qui sont peu diffusées dans les réseaux classiques.

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