Dialogue sur une nouvelle « lutte des classes ».

samedi 14 octobre 2017
Par jefdelhaye

-"L'impôt sur la fortune (ISF) doit être supprimé en France parce qu'il incite les plus riches à s'expatrier vers des pays exigeant moins d'impôts, voire vers des paradis fiscaux.

On ne va quand même pas empêcher les plus riches de s'enrichir ! Comme le dit notre président, l'idéal serait que tous les jeunes Français « rêvent de devenir milliardaires » (ce qui leur éviterait de « foutre le bordel » et, au passage, leur permettrait de «s'acheter des costards » pour remplacer leur tee-shirt usés de « fainéants ».)

Donc, vous l'avez compris,  il faut aider les riches à rester riches pour qu'ils restent aussi en France et y dépensent un peu de leur argent pour faire fonctionner l'économie et  « créer des emplois ». (Ça, c'est du socialisme !)

Mais pour que des emplois se créent, encore faut-il qu'ils rapportent un maximum (sinon autant aller les créer ailleurs, en Roumanie ou au Bangladesh). Donc, il faut premièrement que le travail soit peu rétribué, deuxièmement que le travailleur soit dépourvu de toute exigence et de tout droit et qu'on puisse le licencier librement (oui, c'est cela, la liberté).

Or, comme il faut lui assurer quand même un minimum pour qu'il puisse survivre sans que les employeurs en pâtissent, il est indispensable de faire payer les retraités.

Il faut entendre par « retraité » tout individu qui, ayant travaillé et cotisé jusqu'à un âge où son activité devient moins rentable, jouit du privilège de pouvoir continuer à vivre gratuitement (entendez, sans travailler donc sans véritable raison).

Attention ! Il s'agit de prendre l'argent chez ceux qui ne peuvent pas fuir. Certains retraités ont assez de fortune pour partir au Portugal où des avantages fiscaux leur sont offerts. Mais les petites retraites ne permettent pas ces fuites, il est donc possible de les ponctionner sans crainte.

Ce qui sera pris aux retraités permettra de baisser les «charges salariales» (cotisations sociales) des employeurs et, donc, de «favoriser l'emploi ».

Vous voyez que le but est louable."

-"Quel but ?"

-"Favoriser l'emploi."

-"Mais l'emploi de l'employé ou l'emploi de l'employeur ?"

-"De l'employeur, bien sûr !"

-"Ah! Bon !"

-"Eh, oui, n'oubliez pas que celui qui détient du capital peut choisir entre deux modes de profit : soit il place son argent dans la spéculation financière et il s'enrichit par le jeu des transactions entre marchandises et entreprises qui s'échangent au gré des marchés, soit il s'enrichit en exploitant directement le travail.

Il vous faut donc être reconnaissants, vous les petits, vous les « riens  » envers ceux qui vous donnent encore du travail.

Sachez qu'on ne peut plus raisonner aujourd'hui comme à l'époque de Marx où l'ont condamnait l'exploitation de l'homme par l'homme, de l'ouvrier par le capitaliste. Ces analyses-là ne sont plus valables et la « lutte des classes » n'a plus lieu entre « exploiteurs » et « exploités ». (Bienheureux les exploités qui trouvent encore de bonnes âmes pour les exploiter!)

Aujourd'hui, la société mondiale est divisée en deux nouvelles classes, celle des possédants qui se partagent la richesse du monde avec ceux qui les servent et, de l'autre côté, celle de ceux qui n'ont aucune utilité, dont l'éventuel travail n'aurait aucune valeur parce qu'il n'est pas rentable ou parce qu'il peut être effectué par une machine. La première ne veut pas exploiter la seconde, elle veut l'éliminer.

Et le grand problème politique est, finalement, aujourd'hui celui-ci : comment s'en débarrasser ?

Nos dirigeants y réfléchissent et, manifestement, nous préparent à certaines solutions."

 

Tags:

Petit rappel: Librinfo74 à besoin de votre soutien pour exister.
Rdv sur la page abonnements pour vous abonner et avoir accès au contenu payant (conférences filmées/archives du JOURNAL papier) ou faire une donation. Merci.

7 commentaires sur “Dialogue sur une nouvelle « lutte des classes ».”

  1. Chappuis

    Avec beaucoup de cynisme, l’Etat supprime l’ESF qui incite les riches à placer leurs capitaux dans les paradis fiscaux; il vaut mieux pomper ceux qui ne peuvent pas fuir: salariés, retraités et même les étudiants ! Pas de chance: ce sont les plus petits revenus…

    #141271
  2. Gablin Pierre

    Excellent!! et c’est malheureusement vrai… « Ils » ont tout:un pouvoir politique usurpé, la finance, l’armée, la quasi intégralité des médias aux ordres… Nous, le peuple, nous sommes les plus nombreux, là est notre force et nous n’avons rien à perdre. Il faut les stopper avant qu’ils ne détruisent nos acquis de 36 et 45, démantèlent nos services publics, privatisent les secteurs clé de l’économie et du social… qu’ils ne détruisent notre France… Faisons l’unité,syndicale et politique avec tous ceux qui appellent de leurs voeux l’avènement d’une nouvelle société démocratique, sociale, écologique et pacifique. Descendons par centaines de milliers dans la rue et chassons les (89,36,45…)

    #141211
  3. Anne Marie AMPHYON

    Mais comment les richesses se maintiendront si les gens ne peuvent plus rien payer ou acheter à cause de la forte diminution de leurs revenus ? Les dominants ne scient-ils pas la branche sur laquelle ils sont assis  » ???….

    #141210
    • KANAKIS Monique

      Pour répondre à Anne Marie. J’ai assisté il y à une dizaine d’année à une conférence à MLK Annemasse de Raoul Marc Jennar, dans laquelle il expliquait tout ce qui se passe aujourd’hui. J’écoutais effarée et lui posais alors la même question que vous. « Ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis ». Sa réponse fut a peu près celle ci: « Ils s’en foutent, ils ne pensent pas à long terme, eux ce qu’ils veulent c’est le profit immédiat »

      #141539
    • jefdelhaye

      Pour répondre à Monique et à Anne-Marie, je voudrais attirer votre attention sur une évolution de l’économie à laquelle nous participons sans en mesurer les conséquences et qui consiste dans le développement d’une consommation de meilleure qualité, voire de luxe, accessible uniquement à la fraction la plus aisée de la population et produisant de plus gros profits.
      A coté, la consommation destinée au grand nombre des plus pauvres devient de plus en plus « pourrie » et ne présente plus d’intérêt pour les investisseurs ( la crise actuelle du beurre en est un exemple, le beurre bon marché est retiré des rayons et vendu, plus cher, là où il y a des acheteurs plus fortunés).
      L’économie libérale se transforme pour se mettre à l’abri d’une dépendance à l’égard des marchés peu rentables et c’est pourquoi l’austérité pratiquée par le politique ne la gêne pas. Au contraire, ce qui n’est pas gagné sur le marché » le sera sur les services publics et les taxes. Ils n’ont plus besoin des pauvres.

      #141540
  4. jeannette dutheil

    on ne peut mieux dire .Ca serre le coeur,ça met en rage.Quand est-ce qu’on va comprendre et ne pas se laisser manipuler?Merci pour cette excellente mise au point.

    #141209
  5. PELISSIER JEAN

    Rien à ajouter!!

    #141208

Laisser un commentaire

Rechercher

Pourquoi pas?

Archives

highslide for wordpress