Sans austérité ni populisme, et sans se soumettre à Bruxelles, le Portugal a choisi la gauche pour aller mieux.

lundi 18 septembre 2017
Par jefdelhaye

Les médias du grand capital parlent peu du Portugal depuis quelque temps. Il est vrai que ce qui se passe là-bas a tendance à irriter les oligarques de Bruxelles. Il ne faudrait pas, selon eux, que le Portugal devienne le mauvais exemple, celui d'une amélioration économique menée par une politique de gauche et contre les préconisations de la commission européenne.

En effet, depuis novembre 2015, c'est un gouvernement socialiste qui est au pouvoir au Portugal, soutenu et poussé par une union des gauches, composée du parti communiste portugais, des écologistes et de la gauche radicale.

Le gouvernement du nouveau premier ministre, Antonio Costa, a choisi d'appliquer des réformes en parfaite opposition avec les politiques précédemment menées sous la pression du lobby libéral mondial relayé par les instances de l'union européenne.

Selon le ministre de l'économie du Portugal, Caldeira Cabral,« La politique d'austérité suivie ces dernières années a eu pour conséquence une augmentation sans précédent du chômage avec des effets sociaux dévastateurs sur les jeunes et les citoyens les moins qualifiés, ainsi que les familles et les milliers de Portugais au chômage. Elle a été aussi associée à une dévalorisation de la dignité du travail et des droits des travailleurs."

C'est pourquoi les réformes entreprises vont à l'encontre de cette politique dévastatrice.

Le salaire minimum a été augmenté en 2016 puis, de nouveau, en 2017, les retraites et les allocations familiales ont été améliorées, le droit du travail a été renforcé, je répète : le droit du travail a été renforcé, les privatisations de services et d'infrastructures publiques ont cessé et toutes ces mesures, en désaccord avec les demandes de la commission se sont avérées payantes.

Le Portugal a réduit son déficit à 2,1 % en 2016 et devrait le ramener à 1,5 % cette année (la France a abaissé péniblement son déficit à 3,3 % en 2016 et prévoit 3,2 % cette année)

Le chômage, qui se situait à 14,4 % en 2014, est descendue à 11,1 % en 2016 et à 8,8 % au deuxième trimestre 2017. Les projections actuelles tablent sur un chômage à 7 % en 2019, le plus bas depuis 2004.

Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici a dû reconnaître ces bons résultats, indiquant que « la réduction du déficit du Portugal et durable » et que « la croissance sera probablement supérieure à 2,5 % en 2017 »

le Portugal a donc démontré depuis deux ans qu'une politique inverse aux politiques d'austérité et donc basée sur une relance par la demande et l'amélioration des protections sociales pouvait fonctionner.

C'est bon à savoir.

Lire aussi l'article de TV5Monde.

 

 

 

Tags:

Petit rappel: Librinfo74 à besoin de votre soutien pour exister.
Rdv sur la page abonnements pour vous abonner et avoir accès au contenu payant (conférences filmées/archives du JOURNAL papier) ou faire une donation. Merci.

Un commentaire sur “Sans austérité ni populisme, et sans se soumettre à Bruxelles, le Portugal a choisi la gauche pour aller mieux.”

  1. Cet article atteste qu’il n’y a pas de fatalité, à ce que le peuple portugais puisse décider de son avenir, de ses orientations politiques, ne cède pas aux ordres de Bruxelles. Il en va de la dignité des personnes vivant en ce pays et qui ont su développer des pratiques de solidarité, en particulier en milieu rural. Cela pourrait nous ouvrir des perspectives de lutte à construire ensemble avec le peuple de gauche. Le travail de l’universitaire Maria Santos Pais, de l’Université de Lisbonne mettant en lien violence à l’égard des enfants et système social l’atteste.
    C.C

    #140733

Laisser un commentaire

Rechercher

Pourquoi pas?

Archives

highslide for wordpress