Quand Bernard Accoyer se fourvoie…!

Vendredi 18 juin 2010
Par gfumex

Aujourd’hui, 18 juin, Stéphan Hessel insiste sur les ondes de France Inter sur le devoir de mémoire de l’appel à la résistance lancé par le général De Gaulle. Un devoir de mémoire que chaque année, depuis la tentative affligeante du candidat Sarkozy de récupération politicienne de la Résistance des Glières, des milliers de citoyens commémorent sur le plateau.

Un autre devoir de mémoire, beaucoup moins glorieux, concerne le Député-Maire Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale.

Dans une interview parue le lundi 17 mai dans le Dauphiné Libéré au lendemain du rassemblement citoyen au plateau des Glières, Bernard Accoyer aurait dû être plus prudent dans la teneur de ses affirmations concernant sa perception de cet événement.

Je n’ose imaginer l’étonnement de l’immense majorité des personnes présentes venues affirmer le devoir actuel de résistance, en écho à celui des résistants de 1940, de se voir présentées par le 4ème personnage de l’État comme des « militants d’extrême gauche ».
La plupart des personnes présentes sur le Plateau sont impliquées dans des associations humanitaires, des Droits de l’Homme, des syndicats, des partis politiques comme celles et ceux qui avaient décidés, dans des conditions beaucoup plus dramatiques, de résister contre le péril d’extrême droite nazi.
On y trouve des syndicalistes non encartés, des chrétiens, des juifs, des musulmans, des militants du PS, du PCF, des Verts, des centristes, de simples citoyens venus en famille… et aussi des militants de la gauche radicale anticapitaliste…

Ce n’est pas la description qu’en fait Monsieur Accoyer qui aurait dû mieux s’informer.

À l’époque de Vichy, les bouc-émissaires étaient les juifs, le parti communiste, les tziganes, les homosexuels… Aujourd’hui, c’est l’extrême gauche…
Bien sûr, la période et les noms changent. Nous ne vivons pas sous une occupation étrangère soutenue par un gouvernement de collaborateurs, mais les méthodes restent les mêmes.

La grande majorité des résistants qui ont payé de leur vie la lutte contre la nazisme étaient des citoyens de tous bords, communistes, gaullistes, chrétiens, syndicalistes, militants de l’éducation populaire…. À la libération, sous l’autorité du Général De Gaulle – dont Monsieur Accoyer se réclame – tous ont défendu et appliqué le programme du Conseil National de la Résistance.

Qui aurait pu contester à l’époque – comme le fait aujourd’hui, Monsieur Accoyer – le droit à tous citoyens de venir au plateau des Glières rendre hommage aux résistants morts pour que notre pays retrouve sa liberté ? Une liberté conquise avec l’immense espoir collectif de construire une société plus juste, plus fraternelle, où chacun aurait droit à la santé, à une information de qualité – libre et indépendante des pouvoirs de l’argent – à un travail, à un logement, à l’accès à la culture, aux repos hebdomadaires, aux congés payés, à la protection sociale, à une retraite à 60 ans par répartition, au droit de vivre décemment dans un monde en paix.

Les citoyens-résistants qui se sont engagés dans la résistance en 40, ce sont les mêmes qui viennent chaque année sur le plateau des Glières défendre le programme du Conseil National de la Résistance.

Les dirigeants félons du régime de Vichy, partisans du Maréchal Pétain, les appelaient « terroristes » !

Gérard Fumex
Journaliste

Petit rappel: Librinfo74 à besoin de votre soutien pour exister.
Rdv sur la page abonnements pour vous inscrire ou faire une donation. Merci.

4 commentaires sur “Quand Bernard Accoyer se fourvoie…!”

  1. jacques

    très juste.
    La dénomination sert de caractérisation et par là de classement dans une grille de description simplificatrice, bien mal droite gauche etc …
    Il est donc important que l’extrême gauche se trouve un nom moins extrême.
    Le NPA qui promettait de trouver un autre nom n’a pas réussi.
    Le Parti de Gauche utilise une dénomination qui a perdu pour beaucoup un sens, Il se met dans un front de gauche, lequel front est trop étroit pour mériter l’appellation. Le PS n’a de socialiste que le mot, les luttes internes entre marché et pas marché régulations etc le rende incompréhensible donc non crédible. La déconfiture en Europe des gauches semble venir essentiellement de cet attachement au marché (terme sans grande signification non plus), lequel inclue inévitablement les spéculations et autres pillages organisés.
    En gros vu des droites mais aussi de bien des gens j’ai l’impression que la gauche et l’extrême gauche ne sont qu’un capharnaüm, une salade mélangée indéfinissable. Il faut être cultivé politiquement et historiquement pour comprendre les tenants et aboutissants, pour interpréter les discours et les associer à du tangible.
    La culture politique des gens est à peu près nulle, la culture historique faible, dans ces conditions il ne faut pas s’étonner que la gauche ne gagne pas les élections sauf par esprit de contradiction typiquement français De même pour le haut niveau d’une abstention préoccupante, Nous (‘la gauche de gauche’ …) n’avons pas de visibilité car nous n’avons pas d’identité, il n’y a pas que le matraquage médiatique et la propagande pour expliquer cette situation déplorable.

    Je ne crois pas m’avancer beaucoup en affirmant : si la gauche est si mauvaise, c’est à cause de son incapacité à se rendre crédible par une idéologie claire. J’entends idéologie, ensemble d’idées cohérentes, permettant (et promettant) de se concrétiser en actions faciles à comprendre dans des faits socio-économiques.

    #42
  2. Manu

    « Nous ne vivons pas sous une occupation étrangère soutenue par un gouvernement de collaborateurs »
    Quand nos dirigeants sont à la botte des grands groupes industriels, soit par alliance soit par cette nécéssité/ »pragmatisme » qui nous conduit dans le mur, on peut se poser la question… A qui profitent les lois? Qui en à les clés (législation européenne: +-250000 pages). Les avocats au pouvoir? Diviser pour mieux régner, c’est peut être ça le plus vieux métier du monde…

    #44
  3. Cadet

    Drôle de réponse et énorme confusion sur le public présent aux Glières.
    Si défendre la mémoire de la résistance à l’occupant nazi s’apparente à de l’extrrême gauche,
    Georges Mandel ou de Gaulle s’en retourneraient dans leur tombe!
    Ne pas oublier que la résistance a été appuyée autant par les partis de gauche que par la droite libérale ou traditionnelle. Si même les politiques font un amalgame aussi grave, ne nous étonnons plus du manque de culture politique et historique des citoyens français…

    #48
  4. Janot Lataillade

    G. FUMEX évoque dans sa chronique du 18 juin, Vichy et son gouvernement. Peut-être serait-il bon de rappeler que nous avons eu un Président de la République, décoré de la francisque pétainiste, qui faisait régulièrement fleurir aux frais de la République la tombe de Pétain et n’hésitait pas à participer aux cérémonies du Mont Valérien, peut-être accompagné de ses amis Bousquet tristement célèbre et de de Grossouvre ancien membre du SOL, (service d’ordre légionnaire ayant précédé la sinistre milice qui a sévi dans les vallées des montagnes savoyardes).

    Et tous ces gens très éloignés des idéaux de S. HESSEL, ont eu à subir durant deux septennats des contre manifestations, au Mont Valérien par exemple, mais à l’époque aucun média n’aurait pris le risque (recettes publicitaires provenant des entreprises publiques) de le divulguer.

    #51

Laisser un commentaire

highslide for wordpress